terça-feira, 12 de março de 2013

Le Nouvelliste - Labadie, un contraste choquant

Le Nouvelliste

Publié le :11 mars 2013
Hansy Mars hansymars@lenouvelliste.com

Entourée de montagnes magnifiques avec une végétation exotique, Labadie, le paradis privé de Royal Caribbean International, se trouve sur la côte nord d'Haïti. Cette destination haut de gamme combine plages vierges, paysage à couper le souffle et activités nautiques spectaculaires. Cependant, à quelques kilomètres de la plage, des milliers de personnes se démènent pour leur survie.

Rodeada de montanhas magníficas com uma vegetação exótica, Labadie, o paraíso particular da Royal Caribbean International, está localizado na costa norte do Haiti. Esse destino de luxo combina praias virgens, paisagens deslumbrantes e atividades náuticas espetaculares. No entanto, a alguns kilômetros da praia, milhares de pessoas estão lutando por sua sobrevivência. 

L'entrée du village Labadie
Hansy Mars

Le site balnéaire de Labadie est un domaine privé qui permet aux croisiéristes du monde entier de bénéficier d'une journée de plage, où, outre le farniente, ils peuvent pratiquer des activités nautiques (planche à voile, apnée, ski nautique, kayak). Bref, c'est une escale de détente. Ce n'est pas seulement une presqu'île de détente dotée de belles plages et d'un havre aux eaux profondes, mais c'est aussi toute une localité.

Qui ne se souvient pas de cette chanson de l'orchestre Tropicana d'Haïti vantant les richesses de la zone. « Labadi son paradi », fait savoir la chanson qui invite plus d'un à visiter cet endroit un peu spécial. Le site est connu sous le nom de Cocoa Beach alors que la localité qui regroupe et le site balnéaire et le village porte le nom de Labadie. Entre Cocoa Beach et le village Labadie, c'est tout un monde de différences. Le contraste avec la misère est effrayant pour un visiteur.

Autrefois, c'était difficile de visiter Labadie en toute sérénité, ce lieu touristique très choyé dans la cité christophienne, en raison du mauvais état de la route qui y conduisait. Rocailleuse et poussiéreuse à la fois. Impraticable. La réhabilitation du tronçon de route reliant Cap-Haïtien et Labadie a été réalisée à l'occasion du carnaval national. Le tap-tap qui vous conduit là-bas doit débarquer ses passagers aux abords du site de Cocoa Beach. Les habitants ainsi que les visiteurs doivent attendre le départ d'un canot à moteur pour se rendre au village de Labadie. La terre de la banane. Elle produit également des vivres alimentaires, des fruits et légumes. Labadie est aussi une zone d'élevage. La pêche est la principale activité de la population. Bien qu'on la pratique aujourd'hui encore de manière archaïque, elle permet à ceux qui s'y adonnent de subvenir à leurs besoins.

15 gourdes. C'est le montant à payer pour la traversée jusqu'au village à bord du canot pouvant contenir jusqu'à une douzaine de passagers. Ils sont rares les canots qui possèdent des bouées de sauvetage comme l'exige le Service maritime national d'Haïti (Semanah). Une installation de fortune sert de débarcadère dans les moments d'accalmie. Un vrai exercice de bravoure pour certains. Du canot étant on peut admirer les belles plages du site balnéaire avec ses nombreux visiteurs en train de se payer un bronzage. De l'autre côté, la dure réalité. Les infrastructures de base n'existent pas. Sans eau potable, sans électricité, sans dispensaire, sans présence policière, la population estimée à plus de 2 000 habitants est livrée à elle-même. Comme bien d'autres régions du pays, elle fait face à une érosion poussée car le charbon de bois est la seule énergie de cuisson pour la population.

A cette situation vient s'ajouter la fermeture du site aux Haïtiens. Les gens croient que cette décision n'a fait qu'aggraver davantage la misère des riverains. Un comité local est constitué pour gérer les affaires de la cité. Ce comité ne fait pas l'unanimité. Décrié, ses décisions ne sont pas respectées. Les habitants du village critiquent les responsables de la compagnie d'exploitation du site balnéaire de Labadie de ne pas faciliter le développement communautaire de la région. Ils fustigent le comportement de la société gérante de Labadie qui continue à débarquer ses passagers de l'autre côté pendant qu'eux se démènent pour survivre. « Face à cette situation de pauvreté extrême au village, les agriculteurs abandonnent les terres cultivables au profit d'un job temporaire sur le site de Cocoa Beach », fait remarquer Johnson Charles, un jeune de la localité. Pour Johnson, l'idéal c'est de contraindre les autorités gouvernementales à prendre leur responsabilité pour s'assurer du bien-être de la population.

Royal Caribbean, propriétaire des plages de Labadie, paie 10 dollars américains au gouvernement haïtien pour chaque passager qu'elle y débarque. Et elle y débarque plus d'un million de croisiéristes par an. La compagnie a déjà investi 55 millions de dollars américains pour agrandir les installations portuaires, de manière à pouvoir y accueillir les plus gros paquebots du monde, tels que l'Oasis of the seas. La compagnie emploie près de 230 personnes pour entretenir les installations, préparer le buffet, encadrer les activités nautiques, etc. Elle permet aussi à autant de vendeurs itinérants de venir y installer leurs étals. Bref, 500 personnes - et leurs familles - dépendent de l'activité économique générée par l'expoitation du site.
Postar um comentário